La mastérisation : des conséquences dévastatrices sur l’enseignement professionnel

jeudi 3 septembre 2009
par  sudeducationalsace
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Avec la mastérisation, les futurs PE, Certifiés, agrégés et PLP d’enseignement général seront confrontés aux mêmes problèmes. Il n’en sera pas de même pour les PLP d’enseignement professionnel.

Dans le domaine industriel, le bac + 5 correspond à un diplôme d’ingénieur. Recruter un ingénieur qui n’a pas de savoir-faire pour former des élèves rend la tâche difficile. En effet, être ingénieur signifie travailler à la conception alors que les titulaires de CAP, BEP ou Bac Pro sont des réalisateurs qui ont besoin de savoir exécuter un geste.

Dans le domaine artisanal, le bac + 5 n’existe pas. Par exemple, il n’y a pas de master en boulangerie ou en tapisserie... Alors comment recruter des professeurs titulaires ? Pour se présenter aux concours, faudra-t-il, après s’être spécialisé dans un domaine technique, suivre un enseignement de 5 ans en université ? Aujourd’hui déjà, de nombreuses spécialités ne permettent plus la titularisation du fait de l’absence de formation d’un niveau bac +3 et d’ouverture de concours internes acceptant un diplôme de niveau V dans ces domaines.

Comment s’y retrouver quand les conditions d’accès aux concours deviennent du cas par cas et les exceptions acceptées nombreuses et variables de 2010 à 2015 ?

Qui seront les professeurs de demain ? Des contractuels !

Soit des contractuels à vie qui seront donc obéissants, sous payés et se conformeront aux exigences exprimées par l’Éducation Nationale, soit des intervenants ponctuels qui auront un emploi dans une entreprise et qui assureront des vacations dans les lycées professionnels. Les premiers seront souvent issus de la maîtrise et resteront très théoriques, les seconds seront ceux qui connaissent le mieux la pratique du métier, mais tous seront précaires ! Si, au nom d’un même recrutement pour tous, le texte sur la mastérisation reste en l’état, il n’y aura plus d’enseignement pratique assuré par des Professeurs de Lycée Professionnel titulaires. Il n’y aura plus besoin d’annoncer des suppressions de postes, la souplesse du nombre d’enseignants sera un fait irréfutable et ajustable à chaque rentrée.

Pourquoi conserver un LP si l’enseignement professionnel n’y est plus enseigné par des professeurs ? Il y a de fortes chances qu’à terme on se dirige vers le retour aux CFA (centres de formation d’apprentis) qui permettent au patronat local de faire former au fur et à mesure de ses besoins des employés jetables. Ce phénomène sera facilité par le fait que les enseignants seront issus des entreprises voisines. Et plus de formation générale...

Sud éducation demande :
- le retrait de la réforme dite « mastérisation » ;
- le maintien de l’enseignement professionnel en LP assuré par des professeurs recrutés sur concours et formés ;
- la titularisation sans concours de tous les précaires déjà employés à ce jour.

Commission fédérale Enseignement Professionnel

 

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