Revalorisation :on attendait rien et on est pas déçus...

jeudi 20 octobre 2022
par  sudeducationalsace
popularité : 0%

Les annonces ministérielles récentes ne laissent rien augurer de bon quant à la revalorisation en cours dans l’Education Nationale.

Malgré la nécessité de rattraper le retard accumulé depuis maintenant 15 ans du blocage du point d’indice, retard qui s’est encore accentué avec les 3,5% gracieusement accordés en juillet dernier puisque cette hausse ne couvre que la moitié de l’inflation, le ministère continue d’affirmer que si une part de la revalorisation budgétée à venir sera inconditionnelle, elle devra pour un autre versant s’accompagner de nouvelles tâches.

Concernant le premier volet, le ministère annonce une augmentation moyenne des traitements de l’ordre de 14%. Mais, sachant qu’un des objectifs assignés à la revalorisation est de permettre qu’aucun enseignant ne gagne moins de 2000€ nets par mois, on comprend assez rapidement qu’une partie non-négligeable du budget alloué à cette revalorisation y sera consacrée (à juste titre d’ailleurs), laissant de côté les enseignants ayant davantage d’ancienneté. Ce n’est évidemment pas acceptable :tous les collègues, quels que soient leur statut et leur ancienneté, doivent bénéficier d’un rattrapage conséquent. A défaut, c’est toute l’échelle des rémunérations qui s’en trouverait écraser, générant des effets pervers évidents...
Quant au second volet, les récentes déclarations du ministres ne sont guère rassurantes. Outre les marottes habituelles (formation hors temps scolaire, remplacement de collègues absents,...), le ministre n’a pas hésité à proposer que les collègues, pour gagner davantage, pourraient se voir confier la surveillance des élèves sur leur pause méridienne. Outre que cela montre une réelle méconnaissance du métier, elle laisse transparaître en arrière fond un mépris certain des enseignants du secondaire. De manière générale, et là encore, avant de trouver de « nouvelles missions » pour les enseignants, il faudrait déjà faire un bilan de l’existant, ce qui permettrait de se rendre compte que ceux-ci font déjà beaucoup (trop) de choses...

Au moment où une note de la DEPP (cf. article des DNA en date du 19/10/2022) rappelle que 50% des enseignants éprouvent un sentiment d’épuisement professionnel aigu et que le temps de travail médian est de l’ordre de 43 heures hebdomadaires, ces annonces passent mal. La rupture avec la période Blanquer n’est visiblement pas consommée...


Publications

Sites favoris


11 sites référencés dans ce secteur